Consulter sans savoir si « c’est grave » : une fausse question
C’est l’une des phrases les plus entendues lors je vous reçois au cabinet pour un premier rendez-vous : « je ne sais pas si c’est vraiment justifié ». Si vous hésitez à consulter pour cette raison, sachez que cette hésitation retarde parfois une prise de contact pendant des mois, voire des années. Elle repose pourtant sur une question qui n’est pas la bonne.
« C’est grave » n’est pas le bon critère
La gravité, en réalité, n’est pas ce qui détermine si une consultation est justifiée pour vous. Ce qui compte, c’est l’effet que la situation a sur votre quotidien : est-ce que ça pèse, est-ce que ça revient, est-ce que ça prend de la place dans vos pensées, dans votre sommeil, dans vos relations ?
Un événement peut vous sembler « pas si grave » comparé à d’autres vécus, et pourtant continuer de vous affecter durablement. À l’inverse, certains événements objectivement lourds sont traversés sans nécessiter d’accompagnement.
La mesure n’est donc pas comparative, elle est individuelle.
D’où vient cette hésitation
Plusieurs mécanismes peuvent alimenter votre autocensure :
– La comparaison à d’autres situations jugées « pires » (« d’autres ont vécu bien plus difficile que moi »).
– La minimisation, souvent inconsciente, de votre propre souffrance.
– La crainte de déranger pour « peu de choses », ou de prendre la place de quelqu’un qui en aurait « plus besoin ».
Ces mécanismes ne disent rien de la réalité de ce que vous vivez, ils disent surtout à quel point il peut être difficile de s’autoriser à consulter.
La consultation n’est pas un engagement
Un premier rendez-vous ne vous engage à rien de plus qu’à venir en parler. Ce n’est pas le point de départ automatique d’un suivi long. C’est un espace pour poser ce qui pèse, avec quelqu’un dont le métier est justement d’aider à y voir plus clair, et de déterminer ensemble si un accompagnement est pertinent pour vous, et lequel.
En tous cas, c’est comme cela que je fonctionne lorsque je vous reçois au sein de mon cabinet à Lons le Saunier. On commence toujours par un premier rendez-vous, sans engagement. On a un premier échange, sans engagement, sur ce qui vous amène à consulter, sur ce que vous recherchez…
Si vous vous reconnaissez dans cette hésitation, vous pouvez en parler avec un psychologue psychothérapeute.
Ce qu’il faut retenir
Il n’y a pas de seuil de gravité à atteindre avant d’avoir le droit de consulter. Le simple fait qu’une situation prenne de la place, dure, ou revienne dans votre quotidien suffit à justifier d’en parler.