EMDR : comment se déroule une séance?
L’EMDR reste souvent mal connue, y compris de ceux qui envisagent d’y avoir recours. Le nom, un peu technique, n’aide pas à se représenter concrètement ce qui se passe dans le cabinet. Voici comment ça se déroule, dans les grandes lignes.
Avant de commencer : comprendre la situation
Les premières séances ne sont pas encore de l’EMDR à proprement parler. Elles servent à comprendre la situation de la personne, son histoire, l’événement à travailler et son contexte. C’est aussi le moment de vérifier que l’EMDR est une approche adaptée à ce qui est amené, et d’expliquer concrètement en quoi consiste la méthode, pour que la personne sache à quoi s’attendre.
La préparation
Avant de travailler directement sur l’événement, un temps de préparation permet d’installer un cadre de sécurité. Cela passe notamment par la mise en place d’un « lieu ressource » : une image mentale, un souvenir ou une sensation sur laquelle la personne peut s’appuyer si le travail devient difficile en séance. Cette étape n’est pas accessoire, elle conditionne la suite : on ne commence le travail sur l’événement que lorsque la personne dispose de ces points d’appui. Ce temps préparatoire est plus ou moins long selon les problématiques, les traumatismes, les personnes. Il est impossible de prédire le temps que cela prendra.
Le ciblage
Vient ensuite l’identification précise de ce sur quoi porte la séance : l’image la plus marquante de l’événement, la croyance négative associée à cette image, les émotions et les sensations physiques présentes au moment d’y penser.
Ce travail de ciblage est aussi l’occasion de formuler une croyance positive vers laquelle on souhaite tendre.
La désensibilisation
C’est la phase la plus identifiée à l’EMDR dans l’image qu’on s’en fait : la personne garde en tête l’image et la croyance négative, tout en suivant des mouvements oculaires (ou une autre forme de stimulation bilatérale, tactile ou auditive, je dispose de matériel spécifique pour m’adapter à chacun) guidés par le thérapeute. Ces séquences sont courtes, entrecoupées de temps où la personne partage ce qui lui vient : une image, une sensation, un souvenir associé, parfois rien de particulier.
Le thérapeute ajuste alors la suite en fonction de ce qui émerge. Cette phase se répète jusqu’à ce que le niveau de détresse associé au souvenir diminue significativement.
L’installation
Une fois la charge émotionnelle de l’événement suffisamment apaisée, le travail se porte sur le renforcement de la croyance positive identifiée en début de traitement, pour qu’elle prenne progressivement la place de la croyance négative initiale.
Le scan corporel
Le corps garde souvent la mémoire de ce que l’esprit a désamorcé. Cette étape consiste à vérifier qu’aucune tension physique résiduelle ne reste associée au souvenir, et à la travailler si c’est le cas.
La clôture
Chaque séance se termine par un retour à un état de stabilité, quel que soit le point où le travail s’est arrêté. Il faut en effet parfois plusieurs séances pour traiter un souvenir.
Le processus de retraitement peut se poursuivre entre les séances, c’est normal et attendu : des pensées, rêves ou émotions liés au travail en cours peuvent émerger dans les jours qui suivent.
La réévaluation
En début de séance suivante, un temps est consacré à vérifier ce qui a évolué depuis la dernière fois, avant de reprendre le travail là où c’est nécessaire.
Ce qu’il faut retenir
Le nombre de séances varie selon la nature de l’événement et la manière dont chacun le retraite.
Pour un événement isolé (accident, agression, choc médical), le travail est généralement plus circonscrit que pour un vécu traumatique complexe (c’est à dire qui résulte d’une exposition répétée ou prolongée à des événements traumatiques, souvent dans un contexte où la fuite ou la protection étaient impossibles ou répété dans le temps), qui demande un cadre différent. C’est précisément ce que la première rencontre permet de déterminer, avant tout engagement dans un suivi.
-> pour comprendre ce qui distingue un trauma dit complexe d’un trauma dit simple, je vous invite à lire cet article : Trauma simple ou trauma complexe, quelles différences?